CRITIQUES

Michel-Gabriel

 

 

-Magnifique!

Un très beau moment de poésie et de musique ! De magnifiques textes habités et soutenus par deux musiciennes talentueuses ! Ne résistez pas!

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écrit le 24 Septembre sur BilletReduc.com, a vu No Man's Louise,Théâtre La Croisée des Chemins Paris 

 

 

-Absolument superbe!

10/10

 

La petite salle était, hélas, peu remplie, mais les deux jeunes Marseillaises nous ont offert un concert magnifique. Plus d'une heure de chansons douces-amères ou tragiques, mais aussi remplies d'espoir! Un moment d'une beauté rare....

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écrit le 02 Octobre sur BilletReduc.com, a vu No Man's Louise,Théâtre La Croisée des Chemins Paris 

 

 

 

Philippe Delhumeau - Lagrandeparade.fr/  Le 16 Janvier 2017

 

A quelques envolées de moineaux du Jardin des Plantes, de la rue Monge et de la place du Panthéon, se niche une salle intimiste ô combien accueillante et conviviale, La Vieille Grille. Laurent Berman et Anne Quesemand sont les piliers de ce théâtre où firent leurs premières scènes Coluche, Romain Bouteille, Jacques Higelin et tant d’autres artistes. Les cafés-théâtres de Montmartre à Montparnasse en passant par le Vème arrondissement ont presque tous disparu de la « Scène parisienne », excepté Le Lapin Agile et La Vieille Grille ! La lie est au fond du vers, aurait pu l’écrire Prévert !

 

 

La Vieille Grille a ouvert sa porte pour un soir d’hiver à Caroline Guibeaud et à Dilan Roche, les artistes de No Man’s Louise. Et quelles artistes ! Le talent n’attend pas le nombre des années et preuve en est avec la qualité d’écriture des chansons à textes composées de la main de Caroline Guibeaud, traduites en musique à l’accordéon par l’artiste éponyme et au violoncelle par Dilan Roche. Les chansons interprétées sont des créations originales qui révèlent la profondeur des sens accordés à l’évocation de liberté et d’errance. Les accents sont portés avec intimité et sensibilité sur les thèmes qui sont chers à l’auteure, la nature, la mer, l’homme décliné au pluriel. Les paroles sont une caresse balayée par les embruns de la Méditerranée. Les influences maritimes reviennent  dans quelques titres du répertoire interprété, in situ. La vie est un courant emporté par les tourbillons de la mer. Les souvenirs confondus avec les images du passé échouent sur le sable et la mémoire ressemble à l’écume qui se décroche des vagues. Les vagues d’un temps jauni par les regrets et l’oubli. La pluie, le vent, les landes de terre noyées dans la brume, des fresques du temps écrites pour être portées en voix avec les harmonies musicales qui s’y prêtent. Dilan Roche fait corps de bois et d’âme avec son violoncelle. L’union de l’artiste et de l’instrument qui livre, l’archet plus ou moins appuyé, une musique parfois généreuse, parfois ténébreuse, mais toujours intense et sincère. Les touches nacrées de l’accordéon suivent la gymnastique des doigts de Caroline Guibeaud qui effleurent ou insistent pour donner du volume aux paroles du moment. No Man’s Louise prend ses racines là où les hommes et la nature se distinguent pour ne former qu’un dans un élan allégorique de légèreté, de poésie et d’un souffle de vie éphémère. Les paroles sont l’essence d’une variation sentimentale accordée à l’enfance, la résistance et l’espérance. 

 

 

-Bonheur

Comme c'est beau ! Comme elles sont belles, ces deux filles, pleines à ras bord des émotions qu'elles viennent nous transmettre ! Comme il est beau, le chant puissant et profond des deux instruments : le fil tendu du violoncelle, qui entre dans le coeur comme un couteau, les amples accords de l'accordéon qui nous font voyager l'âme. Et la voix simple et claire de la chanteuse, qui, avec ses mots pressés, soulève des nuées d'images, déroule des paysages, des rencontres possibles. Je me suis laissé emporter, bouleverser. Je suis partie avec le coeur gros. Gros d'un tas de choses. Et c'était bon.

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écrit Il y a 2 semaines , a vu No Man's Louise,L'Auguste Théâtre Paris avec BilletReduc.com

 

 

 

 -No Man’s Louise au vent de la Terre

6 avril 2017, La Cave aux artistes à Aix-en-Provence,

A point pour accueillir ce jeune duo féminin (Dilan Roche au violoncelle, aux arrangements et Caroline Guibeaud, auteure compositeure, au chant et à l’accordéon), Richard Masdau, l’hôte du lieu, a d’abord réchauffé l’ambiance à son habitude, avec notamment son succès Aix-en-Provence.

C’est Dilan, belle aux longs cheveux ondulés, au charme un peu slave, qui dit le texte de présentation, droit sorti de sa botte de cow-girl. « C’est une terre brûlée balayée par le vent des homme (...) On a vu alors dans l’immensité des morts tournoyer une robe / une robe trop vive, une robe volée / une robe légère /une robe d’été. »

Et s’élève le bourdon de l’accordéon de Caroline, animal noir sauvage aux boutons de nacres obéissants à ses doigts délicats, qui s’ouvre, respire profondément à cœur battant, à cœur aimant.
Le violoncelle le rejoint, pleurant, vibrant sous l’archet, gémissant en profondeur, en une plainte qui s’amplifie, se répète en un rythme lancinant, jusqu’aux premiers mots, aux premiers cris de Caroline.

Aux battements de l’accordéon répond le violoncelle, clapé du plat de la main, pincé, quand elle scande ses mots de rage et de liberté, de terre et de rivières, de mer et d’embruns, dans cette vallée lointaine où Les enfants de la plaine ont laissé leur nom. En ces temps de commémoration on peut imaginer quelque chemin de dames ou autres lieux où tant de jeunes printemps ont perdu la vie.

Mais jamais Caroline ne nous impose de sens, elle nous laisse libre d’interpréter ses contes de la folie des Hommes, comme cette fable dramatique sur la Rue Paradis de Marseille, où se perd une femme, ou ces Marais salants symbolisant la vieillesse.

Caroline, frêle jeune femme aux longs cheveux bruns, aux cheveux sagement coiffés en bandeaux, grands anneaux aux oreilles, sobrement vêtue de noir, cache un sacré caractère sous sa réserve apparente. Le nom du duo a été choisi en l’honneur de Louise Michel la combattante, et de Louise Reisner, la première femme qui joua et composa pour l’accordéon au début du XIXe, en relation avec les thèmes récurrents de ses chansons de résistance et d’Espérance : « Elle se niche au fond du ventre / Insistante, indolente / Abritant son envie d’aimer / Sous les balcons désenchantés ». On ne s’attend guère à trouver chez une toute jeune femme une écriture aussi précieuse au sens vrai du terme, recherchée, inspirée, engagée. Nous pensons à Anne Sylvestre, à Jacques Brel, pour son visage expressif et son articulation « Tu t’habilles d’abat-jours / Lève ton mât de cocagne / Maquillant ta cime en tour / Frêle, frêne », pour les thèmes de mer aussi, ou même à Barbara, excusez du peu ! Et si je dis nous, c’est que ces noms sont venus aussi à l’esprit de plusieurs spectateurs emportés par la présence de ce jeune duo.

L’accordéon se fait tzigane. Avec des sonorités rappelant la musique klezmer, tout à la fois joyeuses et mélancoliques, pour évoquer la mémoire de migrants venus à Marseille dans ce quartier qu’on nomme La Plaine, traversant la Méditerranée. Ou de ces Nomades des origines du monde, avant « Des peurs irraisonnées / Pour un épi de blé / Adieu humanité ».

Nous voici arpentant de grands espaces hors du temps, tant States d’outre–continent qu’arrière pays de Giono, où sous Les amandiers transhument les brebis « Et sous les pierres de tes années / Tes souvenirs sont vallonnés. » que mers grises, ports désertés « Marin, noueur de trêves / Dockers, ramoneurs de rêves. »

En rappel Que le Printemps revienne, leur « tube », et une belle chanson de marin, Maxence. Il est des soirées de concert où l’on ne regrette pas d’avoir éteint sa télé.


 

LES ENFANTS DE LA PLAINE : COULEUR SEPIA

Ce 7 titres (enregistré en un jour, au studio MG, dans le cadre d’un prix offert par les

Amoureux de la Scène du Théâtre du chien qui fume à Avignon), laisse présager d’un

futur bel album, plusieurs chansons du répertoire du duo pouvant s’y ajouter.

Illustré de photos de docks et de minots [enfants, en marseillais, NDLR] de la Plaine, le

livret nous livre les mots poétiques de Caroline, salés de l’appel de la mer qui fait partir en

déshérence, du temps qui passe où « sous les toits les peurs / Se murmurent tout

doucement », encrés de « Cette plume lourde/ [qui] amarre ton encre / Aux craies des

cancres », chaussant les semelles de vent d’Arthur « Dans ta tête Arthur / Il n’y a que du

feu / Un cabaret de verdure / et la robe de l’aube en bleu.» Et L’espérance.

EP, 2016.

Catherine Laugier, le 23 Avril 2017, nos enchanteurs (www.nosenchanteurs.eu